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Ho mon dieu, mon impression vient de tuer un arbre!
Les discussions autour du respect de l'environnement dans les différents projets que j'ai eu l'occasion de traiter autour de l'impression se basent souvent sur les mêmes mythes.
Quelques données:
- 60% de la production de papier est faite à partir de déchets des scieries (bois de construction, meubles), 20% à partir de papier recyclé et 20% à partir de bois "neuf". La cellulose neuve est la plupart du temps issue de l'entretien des forêts, donc des déchets de taille des arbres et sous-bois. On ne coupe pas régulièrement d'arbre pour faire du papier, sauf dans certaine forêts qui sont cultivées pour ça (ex: forêts d'eucalyptus au Brésil).
- Selon la WWF, pour faire 1kg de papier, il faut en moyenne 0,7kg de cellulose. 1kg de cellulose nécessite environ 0,0036m3 de bois. Un chêne de taillis-sous-futaie représente environ 3m3 de bois (variable, évidemment). Une ramette de 500 feuilles A4 80g/m2 pèse 2,5kg. Donc un tel arbre représenterait 475 ramettes.
- Selon une étude de la commission européenne dont le rapport est disponible sur http://www.ecoimaging.org/, on observe que l'impact énergétique total pour une imprimante monochrome de 32ppm imprimant 130k pages/an sur 6 ans est de 44kWh pour la papier et 4,8kWh pour l'impression sur la durée de vie de l'imprimante. Un rapport de 1 à 10.
Conclusion: travailler sur la consommation électrique de ses équipements est une nécessité évidemment, mais cela ne représente que 10% du véritable impact énergétique global des impressions. Diminuer sa consommation papier est le moyen le plus efficace de diminuer son empreinte carbone.
Alors comment faire?
Il faut d'abord savoir où on en est! C'est à dire, quelle politique est en place, est-ce qu'elle est suivie, les modèles et leur consommation énergétique utilisé, la quantité de papier consommée... Un audit permet souvent d'y voir clair.
Dans un renouvellement, préférez l'achat de périphériques certifiés par des normes. Energy Star et Blue Angel sont de très bonnes références dans ce domaine. Renseignez vous également sur les méthodes de production de vos fournisseurs. Chartes avec les sous-traitant, transport des matériels, emballages, méthodes et programmes de recyclage.
Ensuite, sensibilisez les utilisateurs à l'impact de l'impression par de la communication interne. Associez les utilisateurs à des objectifs. Par exemple: calculez le nombre de ramettes utilisées l'année passée et fixez un objectif de diminution pour l'année suivante. En associant cette diminution à des résultats facilement compréhensibles (x voitures en moins sur les routes, x tonnes des CO2 rejetées en moins...) et des élements concrets et factuels pour y arriver (n'imprimez plus vos mails, privilégiez le recto-verso...).
Mettez en place une politique d'impression vous permettant d'atteindre vos objectifs. Vous trouverez dans ce blog d'excellents articles pour vous y aider. Le plus courant et facile étant de déployer une politique d'impression avec le recto-verso par défaut. Les différentes études à ce sujet montrent que la diminution de papier est de l'ordre de 25%, bien qu'on puisse imaginer un gain de 50% si toutes les impressions étaient effctivement en recto-verso.
Il existe également des solutions plus radicales, comme le Pull Printing (follow me printing, impression virtuelle, appelez ça comme vous voulez) qui oblige les utilisateurs à s'authentifier devant le périphérique pour récupérer leur document. On peut espérer un gain de 10% à 20% en économie de papier (Source: Gartner). Les solutions proposant des règles d'impression permettent également d'accentuer les efforts (ex: si le document est un mail, ne pas l'imprimer...).
Enfin, comme tout projet, il faut pouvoir mesurer. Mesurer les économies d'énergie, mesurer que la politique en place fonctionne, mesurer qu'elle est perenne, bref, avoir des éléments factuels sur sa consommation. Les outils peuvent aller du basic relevé de compteurs aux solutions plus évoluées avec étude de la consommation électrique.
Mais finalement, exactement comme pour la sécurité, la mise en place d'un projet d'impression limitant l'impact environnemental coûte. En temps, en argent, pour l'infrastructure, les audits, la formations, l'accompagnement au changement... Cela demande donc un investissement de départ qui devient vite rentable financièrement, et permet d'atteindre de substantielles économies sur le long terme. Cela veut surtout dire aussi, que nous parlons bien d'un projet, et qu'il faut traiter ce sujet avec sérieux si on espère en tirer tous les bénéfices.
Je pense que nous nous dirigeons de toute façon vers des taxes de plus en plus importantes concernant l'impact environnemental des activités d'une entreprise ("droit à polluer", taxe carbone...). De plus, la législation se durcit, et on voit même certaines entreprises privilégier les fournisseurs les plus "vert". Enfin en terme d'image, il est clair qu'une entreprise préfère communiquer sur sa consommation responsable et maitrisée que sur son manque de contrôle et son laisser aller.





